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Musique classique et opéra par Classissima

Wolfgang Amadeus Mozart

mercredi 19 juin 2013


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Le Barbier de Séville en version de concert à Paris

Resmusica.com Cela faisait, sauf erreur, douze ans que n’avait pas été donné au Théâtre des Champs-Elysées le célèbre opera bouffa de Rossini tiré du Le Barbier de Séville de Beaumarchais. Proposé en version de concert par l’Orchestre de chambre de Paris, cette production était l’occasion de retrouver Sir Roger Norrington , actuellement premier chef invité de la formation parisienne. Si l’on apprécie la finesse de sa direction, contrastée, on regrette une approche pleinement assumée qui tire Rossini vers Mozart, la prééminence du staccato, l’usage du vibrato a minima, qui entraîne une certaine sécheresse dans la sonorité de l’orchestre. Le pianoforte ayant été positionné au premier plan de la scène, on aurait par ailleurs pu espérer un continuo plus inventif. Du côté de la distribution, on attendait Antonino Siragusa en Comte Almaviva, c’est finalement le jeune Cyrille Dubois , sorti en juillet 2012 de l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris, qui le remplaçait. Ce dernier pour qui c’était semble t-il une prise de rôle offre au public une belle prestation. S’il peut sembler un peu léger vocalement, la beauté du chant, le sens de la musicalité, du théâtre appelle tous les compliments. C’est d’ailleurs le cas pour l’ensemble des solistes réunis. Le baryton Roberto de Candia est impayable en Figaro, dégageant une aisance, une bonhomie qui convient bien au rôle. Carlo Lepore incarne bien le tuteur de Rosina, Bartolo, faussement dupe de voir la jeune fille lui filer entre les mains. Pour chanter le rôle de Rosina, la production avait fait appel à une des jeunes sopranos dont on parle actuellement, Julia Lezhneva , dont le premier récital consacré à Rossini (chez Naïve) augurait du meilleur. On ne fut pas déçu devant la maîtrise de la soprano, qui outre son joli grain de voix, son aisance à vocaliser, fait valoir de solides médiums, indispensables au rôle de Rosina. Le seconds rôles sont également bien tenus et participent au succès de cette soirée, même si les chanteurs sont plus convaincants dans les airs, duos que dans les ensembles en fin d’acte (légers problèmes d’équilibre, de mise en place).

Le blog d'Olivier Bellamy

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Roselyne Bachelot, droit d’inventaire

Personnage populaire et complexe, beaucoup plus cultivée et subtile que son image médiatique ne laisse apparaître, Roselyne Bachelot s’autorise un droit d’inventaire dans sa famille politique et une liberté de point de vue qui fait grincer bien des dents. Cela a sans doute commencé avec son père, Jean Narquin, député gaulliste à Angers, cela s’est poursuivi avec Nicolas Sarkozy au travers d’un livre (A feu et à sang) où elle réglait quelques comptes en assumant sa différence, et cela se profile avec Verdi dont elle promet de déconstruire le mythe, sans cesser de l’aimer et de l’admirer. Emportée par sa fougue et son tempérament passionné, puisse-t-elle faire entendre sa voix sans tomber dans l’excès d’un combat anti-machiste et moraliste qui ne serait que l’autre face d’une caricature qu’elle prétend dénoncer et, par là même, tout aussi caricaturale. Mais cela ne nous empêche pas, à notre tour, de l’aimer et d’admirer son courage. Voici son programme : Mes madeleines : • Rose-Marie : je suis au théâtre d’Angers, j’ai 8 ans et mes parents lors d’un séjour de ma tante Rose-Marie nous ont emmenés voir cette opérette avec Marcel Merkes et Paulette Merval, les rois du genre. Air fameux : « c’est toi, Rose-Marie, les fleurs de la prairie, s’inclinent lorsque tu passes devant ta grâce ». Mon choc, ce n’est pas l’ « œuvre », mais mon premier contact avec un théâtre. Aucun enregistrement ne remplacera le contact physique avec une salle et l’émotion qui étreint à chaque fois qu’on rentre dans ces lieux magiques. • Le film Senso de Luchino Visconti : premier contact avec Verdi. Le film est sorti en 1954, mais je le vois quelques années plus tard. Je dois avoir 14 ans. Emotion esthétique totale. Acteurs, costumes, maîtrise des mouvements de figurants. Et ma découverte de Verdi avec la fameuse scène d’ouverture du film à la Fenice : Le Trouvère : Di quella pira • Clara Haskil : mon premier 33 tours offert pour le Noël de mes 10 ans. Elle joue Schumann –évidemment- et j’ai failli arrêter le piano car vraiment, j’ai pensé que je n’en jouerai jamais vraiment bien ! Prendre Arabesque ou les Scènes d’enfants que je travaillais à l’époque Mes morceaux classiques : • Le temps, l’horloge de Henri Dutilleux avec Renée Fleming : hommage au musicien angevin disparu il y a quelques semaines. Si vous trouvez le poème « Enivrez-vous » de Baudelaire, j’étais à la création le 7 mai 2009 avec Fleming et Ozawa. Henri était là. • Le vaisseau fantôme : Die Frist ist um par Bryn Terfel. Bon, c’est l’année du bicentenaire ! et après Dutilleux, il faut un tube… • Zaïde : Ruhe sanft ou Tiger , avec Natalie Dessay, une œuvre dite mineure de Mozart, mais deux beaux numéros musicaux. Le divin maître « en roue libre »… • Prélude à l’après-midi d’un faune Claude Debussy ; en cette année d’anniversaire du Sacre du Printemps, ne pas oublier que c’est lui qui ouvre le bal de la musique « moderne ». Un compositeur anti-conformiste, une œuvre mystérieuse et envoûtante. « L’extrême complication est le contraire de l’art » disait-il … A méditer. Roselyne Bachelot Le 14 juin 2013




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17 juin

Vaste hommage à Olivier Greif, compositeur incontournable

Le vaste coffret de 12 DVDs en hommage à Olivier Greif apporte au moins une démonstration évidente : ce sont les femmes qui vous feront découvrir et aimer sa musique. Au premier rang d’entre elles, la productrice Anne Bramard-Blagny et la documentariste Julia Blagny qui ont porté ce projet, et dont l’engagement en faveur du compositeur est d’autant plus remarquable qu’elles n’ont pas connu le musicien. Anne Bramard-Blagny a en effet découvert cette musique en 2008 à la Résidence d’artistes de La Prée, et depuis elle n’a de cesse de la faire reconnaître parmi les plus grandes. De celui qui disait vouloir bouleverser les auditeurs par sa musique, «Je veux rentrer dans les gens, je veux les charrier à terre» (pour mieux les relever), les femmes sont dans ce coffret celles qui en parlent le mieux. Peut-être parce qu’elles ne se placent pas en concurrence, et qu’elles ont assez d’effacement personnel pour prendre et relayer son message dans sa totalité, de voir en Greif le génie – qu’il était convaincu d’être – et l’enfant – qu’il n’avait pas cessé d’être – sans chercher à trop se protéger par le filtre protecteur de la rationalité. Des nombreux témoignages qui parcourent ce coffret, vaste par la taille mais plus encore par l’ambition morale et esthétique, on retient finalement surtout ceux de musicologues comme Mildred Clary ou Brigitte François-Sappey, ou de simples amies comme Patricia Aubertin ou Marylis Raoul-Duval. Dans le dernier DVD, il est frappant de voir cette dernière, dame élégante et corsetée par une éducation bourgeoise, expliquer au côté de son mari comment interpréter la musique de Greif l’a fait sortir d’elle-même. Toutes des femmes. Côté musiciens, les messieurs ont certes un rôle éminent, que ce soit Henri Demarquette dans le Concerto pour violoncelle « Durch Adams Fall » (version filmée de l’enregistrement paru chez Accord, Clef d’Or Resmusica 2010 ), Pascal Amoyel qui bénéficie d’un DVD complet, ou Marc Minkowski qui dirige le très « greifien » et pour autant abordable Quadruple concerto « La Danse des Morts ». Pourtant, ce sont des visages féminins que l’on retient comme ceux Stéphanie Moraly , de Julie Fuchs , ou d’Andrea Hill qu’on retient, dans les Lettres de Westerbork, œuvre dédiée au père d’Olivier Greif qui était rescapé d’Auschwitz. Dans cette œuvre, Greif met en correspondance des lettres écrites par une jeune fille juive hollandaise, Etty Hillesum, dans le camp de concentration de Westerbork avec des psaumes de l’Ancien Testament. Elle sera déportée et exterminée à Auschwitz. Ne soyons pas injuste envers les hommes, Etienne Yver, peintre et ami, livre aussi des mots et des émotions à fleur de peau. Olivier Greif meurt subitement en 2000 à l’âge de 50 ans, lui qui était hanté par l’idée de la mort et de ce qu’elle pouvait signifier d’accomplissement. 2000, c’était l’année où le festival Présences le jouait pour la première fois – preuve qu’il était finalement entré dans le microcosme parisien des compositeurs acceptés. Une reconnaissance qui n’avait d’ailleurs qu’un intérêt très relatif, car son message s’adresse à un public beaucoup plus large. Il s’inscrivait lui-même dans la continuité de Beethoven et révérait Chostakovitch. Il avait rencontré sa veuve Irina Chostakovitch, pour lui c’était comme rencontrer la femme de Mozart. De manière similaire à un Allan Pettersson qui suivait sa propre voie indifférent aux modes, la musique de Greif est émotionnellement très forte, très virtuose avec sur son chemin de merveilleuses îles lyriques. Elle reste un monde encore mal exploré dont le coffret constitue mieux qu’une initiation : on peut se limiter au premier DVD de la série qui comporte le documentaire « Nuits, démêlées » et le compléter par le troisième DVD avec le Concerto « Durch Adams Fall » et les Lettres de Westerbork, mais pour se convaincre de l’importance de ce compositeur et entrer dans sa musique, le mieux est de se laisser porter au fil de l’eau et de visionner ces plus de onze heures de vidéo, tranquillement, à son rythme, dans l’ordre proposé. A l’issue, vous vous demanderez surtout : « Mais où puis-je entendre cette musique en concert, pour la ressentir de plein fouet » ? A lire aussi sur ResMusica : - Requiem d’Olivier Greif, 1 CD Triton, Clef ResMusica - L’Office des Naufragés, 1 CD Triton



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16 juin

Dvořák parle de Schubert : commentaires sur un article américain

Que savons-nous de l’opinion d’Antonín Dvořák sur les autres compositeurs, ou sur le monde de la musique en général ? Pas grand-chose en vérité. Nous possédons certes beaucoup de témoignages de tiers : les mémoires de son fils Otakar, les anecdotes de ses élèves, des articles de journaux. Mais que nous a laissé le compositeur en personne de sa propre main ? Sa vaste correspondance, réunie en une collection de huit volumes, ne nous renseigne presque pas sur le sujet. A ce titre, l’article publié en 1894 par le journal américain « Century Magazine » jouit d’une faveur particulière. C’est l’unique travail littéraire qui porte la signature d’Antonín Dvořák. On y trouve des opinions d’une lumineuse pertinence sur Franz Schubert, à une époque où son œuvre était loin d’être aussi bien connu qu’il ne l’est devenu. Le regard de Dvořák sur son prédécesseur est passionnant, bien qu’il puisse nous étonner encore aujourd'hui par certains de ses aspects. Mais cet article comporte aussi de très curieuses assertions, si discutables qu’il prendre le temps de s’y arrêter : car, en plusieurs paragraphes, il faut se poser l’interrogation « est-ce bien Dvořák qui s’exprime ? » Pour mieux cerner cette question revenons aux origines de cette publication. Une série d’article, Dvořák réticentEn 1892, l’autobiographie de Charles Gounod inaugure la série d’articles sur la musique publiée par le Century Magazine. Ce journal propose en septembre de la même année l’étude du journaliste H. E. Krehbiel sur Dvořák, pour saluer l’arrivée sur le continent américain du compositeur tchèque. Viendront ensuite Jules Massenet par lui-même (novembre 1892), Franz Liszt vu par Camille Saint-Saëns (février 1893), Camille Saint-Saëns par H. E. Krehbiel (mars 1893). Notons-le bien, en juin de cette même année 1893 les lecteurs découvrent le commentaire du journaliste Henry T. Finck sur le compositeur allemand Robert Franz. Nous aurons l’occasion de revenir sur cet événement. La série continue : Hector Berlioz est commenté par Ernest Reyer (décembre 1893), Edvard Grieg parle de Robert Schumann (janvier 1894), le compositeur américain William Mason écrit sur Edvard Grieg en mars. Pour obtenir l’article d’Antonín Dvořák sur Franz Schubert le magazine américain doit patienter et insister longuement. Le directeur du National Conservatory refusait simplement la commande. Sa passion pour Schubert était vive et sincère, mais voilà : « je ne suis pas un écrivain », répondait-il au journaliste et musicologue Henry Finck qui venait le démarcher. Le travail finalement publié précise que le texte a été « préparé » avec une « coopération de M. Henry T. Finck » (« The cooperation of Mr. Henry T. Finck in the preparation of this article is herewith ack­nowledged by the Editor ») Une coopération ? Le mot est flou. Il faut se demander quelle réalité il recouvre. Henry Finck lui-même donne la réponse : "J'ai rédigé plusieurs pages de questions sur Schubert et je les ai données [à Dvořák]  pour qu'il en prenne connaissance et ait le temps d'y réfléchir pendant quelques semaines. Ensuite je suis revenu le voir et ai noté ses réponses. Avec ce matériel, j'ai pu écrire un article, portant comme il se doit la signature de Dvořák" Il s’agit donc d’un article signé par Dvořák, mais nullement écrit par lui. Le journaliste a utilisé la pensée de Dvořák pour rédiger un texte destiné à un magazine. Ainsi, le passage où est discutée une opinion de Rubinstein porte de façon explicite la trace des questions et des réponses qui en furent à l’origine : Rubinstein a sans doute été plus loin que quiconque, non seulement en plaçant Schubert dans la liste des plus grands compositeurs selon lui – Bach, Beethoven, Schubert, Chopin, Glinka – mais aussi en affirmant “Encore une fois, mais je le soutiendrais mille fois s’il le faut, Bach, Beethoven et Schubert représentent les plus hauts sommets musicaux” ("Die Musik und Ihre Meister," p. 50.) On me demande si j’approuve un tel jugement. Il est difficile d’apporter une réponse. Je serais d’accord avec Rubinstein etc. « On me demande si j’approuve un tel jugement » : la formule trahit la forme originale de l’interrogation à laquelle Dvořák fut soumise. Le journaliste a présenté à Dvořák l’opinion de Rubinstein, qui était alors l'une des plus grandes sommités musicales ; Dvořák a réfléchi, a déclaré qu’il était difficile d’apporter une réponse, qu’il finit tout de même par énoncer. Ce procédé de questionnement – où l’information est proposée sous forme écrite par le journaliste, et la réponse est prononcée par le compositeur – apparaît peut-être encore ailleurs dans l’article. Ainsi, dans le passage sur les œuvres pour piano, avec son étrange enchaînement d’associations d’idées, fait plus songer à un dialogue mis en forme, presque une improvisation, qu’à un texte structuré (je mets en italiques les passages relatifs au style parlé) : Ses Moments musicaux sont uniques, et on pourrait dire que dans le 3e Impromptu (op. 90) se trouve le germe de tous les chants sans paroles de Mendelssohn. Schumann a noté que le style de Schubert est plus proche de l’écriture pianistique ("claviermassig") que celui de Beethoven, et cela est peut-être vrai pour ces courtes œuvres. Mais on pourrait difficilement soutenir que Schubert ou Schumann étaient dans ce domaine les égaux de Bach et Chopin, qui de tous les compositeurs ont le plus écrit de façon spécifique pour le clavier. Je ne peux pas être d’accord avec Schumann dans sa remarque assez dévalorisante sur les dernières sonates de Schubert (il parle de “grande simplicité d’invention”, “renoncement volontaire à l’innovation brillante”, et lie ce phénomène à l’affection fatale dont souffrait Schubert) Je ne dirais pas que Schubert est à son meilleur dans l’ensemble de ces sonates, mais j’ai une grande admiration pour plusieurs passages d’entre elles. Je pense surtout à la dernière en si bémol majeur pour ce délicieux andante en do dièse mineur. Dans leur ensemble, je ne saurais le dire, mais je préfère ses sonates même aux pièces brèves pour piano.Ce matériel doit être donc considéré avec une certaine distance, toutes les fois que son contenu est trop éloigné de ce que nous savons de l’opinion du Tchèque. La voix de Dvořák Au sujet des réflexions sur Franz Schubert, son œuvre et son importance dans l’histoire, il ne fait guère de doutes que nous entendons bien la parole du compositeur. Son incroyable érudition ne doit pas nous étonner. Nous y retrouvons très précisément le témoignage de son élève Josef Suk, qui rapporte que Dvořák avait longuement étudié les œuvres de tous les grands maîtres, de Bach jusqu’aux contemporains, que sa connaissance était « stupéfiante ». L’on songe au mot de Claude Debussy sur Camille Saint-Saëns : « l’homme qui sait le mieux la musique du monde entier ». Peut-être aurait-on pu en dire autant de Dvořák, s’il n’était resté si étranger aux cercles d’intellectuels. On peut remarquer, pour appuyer l’hypothèse d’une interview rédigée après coup sous la forme d’un texte, que la possibilité d’une « perte » des œuvres (l’on trouve même deux évocations de cet ordre) fait songer à un procédé journalistique qui place l’interlocuteur devant un choix forcé pour le sommer de dévoiler ses préférences. C'est, sous une autre forme, la question classique de « l’île déserte ». Toujours est-il que le nombre d’œuvres laissées par les grands maîtres laisse entrevoir un rapport à l’art très particulier. Voici les deux passages qui abordent ce thème : « Si nous devions sauver deux de ses œuvres de la destruction, je désignerais les deux dernières symphonies. Nous ne sommes heureusement confrontés à aucune nécessité de cet ordre. La perte des pièces pour piano de Schubert serait en effet irréparable. »« Plus j’avance en âge, plus je me convaincs que les compositeurs, comme les écrivains, cèdent trop facilement au penchant d’écrire. Il existe quelques exceptions, comme Berlioz et Chopin, et n’oublions pas non plus Wagner, qui concentra son génie en dix magnifiques drames lyriques. N’aurait-il pas été préférable pour leur postérité et les délices perpétuels de l’humanité que Rossini n’ait laissé que 10 opéras et non 40, Donizetti 7, plutôt que 70 ? Même les magnifiques cantates de Bach pourraient être mieux appréciées si elles n’étaient pas si nombreuses (les 34 premiers volumes de son œuvre en contiennent 160.)En même temps nous serions désolés d’en perdre n’en fût-ce qu'une seule. Si nous sommes souvent stupéfaits en constatant l’ignorance et l’état de négligence dans lesquels on laisse tant d’œuvres de maître, nous devons cependant reconnaître qu’ils en sont eux-même largement responsables : ils nous en ont laissé trop. Il est cependant plus facile donner un conseil que de le suivre. » Comment ne pas songer que Dvořák se donne ainsi un conseil à lui-même, lui qui avait du mal à se retrouver dans l’abondance de sa propre production ? L’on se prend alors à méditer selon les mots de Dvořák en personne sur son catalogue : quand bien même il aurait trop écrit d’œuvres, nous serions inconsolables « d’en perdre n’en fût-ce qu'une seule. » L’opinion pose toutefois un problème d’interprétation. Il y a trop d’œuvres, mais toutes seraient essentielles ? La clef de cette contradiction se trouve dans le même article :« les maîtres révèlent toujours le meilleur de leur génie dans les mouvements lents »« Je ne dirais pas que Schubert est à son meilleur dans l’ensemble de ces sonates, mais j’ai une grande admiration pour plusieurs passages d’entre elles. »Dvořák énonce clairement qu’une œuvre musicale n’est pas à considérer comme un tout, mais comme une succession de passages plus ou moins réussis. Cette remarque peut étonner aujourd’hui quand l’œuvre a tendance à être sacralisée, mais elle permet de comprendre en quoi la pensée de Dvořák reste cohérente. Elle explique aussi pourquoi la durée d’une œuvre musicale est si importante : trop longue, trop « prolixe », elle perd de son pouvoir de séduction. L’exemple cité par Dvořák est celui de son contemporain Bruckner : « Le cas de Schubert, quoi qu’il en soit, n’est pas une exception mais une illustration de la règle générale selon laquelle les symphonies sont trop longues. Quand la 8e symphonie de Bruckner fut donnée à Vienne l’hiver dernier, la Société Philharmonique a dû y consacrer un récital tout entier. » (Cet article publié en 1894 parle d’un concert donné « l’hiver dernier ». Or cette symphonie de Bruckner fut bien jouée à Vienne, sous la baguette d’Hans Richter, mais l’événement remonte à décembre 1892. Cette précision montre que cette partie des entretiens entre Dvořák et le journaliste se sont sans doute passés en 1893, c’est-à-dire plus de six mois avant sa publication. Il faut trouver là un nouvel indice du travail de longue haleine qui fut nécessaire pour parvenir à un résultat achevé.) « L’expérience n’a plus jamais été tentée où que ce soit, et cette symphonie [de Bruckner] à n’en pas douter aurait de meilleures chances de faire son chemin dans le monde si elle était plus brève. La remarque a une portée plus générale. Nous devrions revenir aux dimensions symphoniques telles que les ont approuvées Haydn et Mozart. De ce point de vue Schumann est un modèle, surtout dans ses symphonies en si bémol majeur et ré mineur [aujourd’hui désignées comme première et quatrième symphonies, d’une durée de 30 mn chacune], ainsi que dans sa musique de chambre. Le goût moderne pour la musique réclame concision, synthèse et vigueur » Concision, synthèse et vigueur, critères du goût moderne ? Quelle ironie que le vœu de Dvořák soit formulé précisément au début de cette période de l’histoire musicale qui verra naître les plus imposants monuments jamais dédiés à l’orchestre. La 8e de Bruckner, avec ses 80 minutes, n’était qu’un prélude. Après elle viendra la 2e symphonie de Mahler, d’une durée comparable, et surtout la 3e du même Mahler. Commencée en 1895, sera plus longue encore : une heure quarante, soit autant que cinq ou six symphonies de Haydn ou Mozart jouées à la suite ! L’avant-dernière symphonie de Gustav Mahler, dite « des Mille » (1906-1907), sera presque aussi étendue. La vogue des symphonies de Bruckner et Mahler contredit au premier abord l’intuition de Dvořák sur « le goût moderne. » Avec un peu de distance, le cours de l’histoire semble cependant lui donner raison. Après Mahler, la tendance est à la déflation. Les compositeurs du XXe siècle reviennent à des formes plus concises. Prokofiev renoue même avec le modèle classique (1ère symphonie). Sibelius et Martinu retrouvent dans leurs symphonies des durées comparables à celles du milieu du XIXe siècle. Chostakovitch dépassera certes l’heure occasionnellement mais restera toujours en-deçà des durées fixées par Bruckner et Mahler dans leurs plus longues œuvres. Ce souci de la retenue se trouve chez Dvořák. Le défaut de « prolixité » et de « luxuriance » ? Les premières symphonies souffrent précisément (hormis la 3e, plus concise et mieux maîtrisée) de ce talon d’Achille qui empêche peut-être aujourd’hui encore leur reconnaissance populaire. Mais on pourrait en dire autant des premiers essais de musique de chambre ou d’œuvres scéniques. Ce n’est que vers le milieu des années 1870 (l’époque de la Sérénade pour cordes) que son art, mieux maîtrisé, est en mesure d’offrir un extraordinaire bouquet de pages admirables de bout en bout. Mais même au meilleur de sa verve créatrice ce souci ne le quitte pas. Après la création de sa Septième symphonie (1885), il décide encore d’élaguer des mesures entières de cette partition de maturité pour « qu’elle ne comporte pas une note de trop ». Ce choix, si courageux pour un créateur, rejoint sa démarche délibérée de destruction physique d’un certain nombre de manuscrits jugés trop faibles. Ainsi le regret « j’ai trop composé » confié en 1901 à un Jean Sibelius interloqué peut-il s’interpréter comme la conscience de défauts dans trop d’œuvres, à côté d’indiscutables qualités. L’on peut également remarquer que les exigences de « concision, synthèse et vigueur » semblent avoir présidé à l’écriture des quatre poèmes symphoniques écrits en Bohême après le retour définitif des Etats-unis. L’Ondin, la sorcière de midi, le rouet d’or et le Pigeon des bois montrent sa volonté d’adopter une écriture à la fois énergique et concentrée. Dvořák, dans cette forme libre, privilégie une expression intense entièrement vouée au message musical. Dvořák sur Schubert Dvořák sur Schubert est très élogieux mais jamais inconditionnel : en fait, son esprit critique reste très présent, en parfait accord avec l’exigence dont lui-même faisait preuve envers ses élèves et ses propres compositions. On sait qu’il lui arrivait de faire travailler ses disciples des mois entiers sur un même devoir, jusqu’à estimer le résultat satisfaisant, et pour cela il fallait que l’élève ne soit pas un imitateur des grands maîtres mais trouve enfin un langage original. L’article commente presque tous les genres illustrés par Schubert. Dvořák ayant lui-même abordé toutes les formes musicales, sauf le ballet et la sonate pour piano, il était idéalement placé pour en juger. Une hiérarchie se dessine : au premier rang, les deux dernières symphonies (l'Inachevée, puis la Grande en do) ; puis le reste des symphonies. Viennent ensuite les lieder et la musique de chambre. Pour terminer, la musique sacrée et les opéras. L’on peut remarquer que Dvořák omet le genre concertant, auquel Schubert ne s’essaya que très rarement (Pièce de concert pour violon et orchestre, D. 345 ; Adagio et Rondo concertant pour piano et cordes, D. 487), à une époque où Weber et surtout Beethoven illustrèrent magnifiquement ce genre. Mais la musique pour piano tient une place particulière. Avec elle naît une vaste tradition romantique de pièces de danses, à la fois savantes et populaires. Dvořák cite Strauss et Lanner comme héritiers de Schubert ; comment n’aurait-il pas eu en tête ses propres œuvres, valses, polkas, mazurka, pour piano à deux ou quatre mains – sans même parler des Danses slaves ? Le passage pour les opéras révèle autre chose. Schubert dans ce domaine était « le plus faible » des grands maîtres. Si ses livrets furent tous médiocres, Dvořák ne voit pas là la cause première de l’échec : Schubert manquait de « sens dramatique », travers rédhibitoire à une époque où le monde s’entichait de Rossini. Ainsi la faiblesse des livrets, dont souffrit tant Dvořák dans ses propres essais pour la scène opératique, et qui les rend si difficile à défendre, est-elle moins préoccupante que le sens dramatique. Cela éclaire l’approche de Dvořák qui voulait vraisemblablement compenser la médiocrité de ses librettistes par la beauté de sa musique. Nous savons que cette entreprise était vouée à l’échec : ses premiers opéras restent de véritables raretés, en dépit d’une partition musicale toujours inventive et par moment remarquable. Et si Schubert souffrait de la concurrence de Rossini, il faut se souvenir qu’à l’époque où Dvořák souhaitait se faire reconnaître comme auteur d’opéras vivaient beaucoup de compositeurs qui excellaient dans le domaine lyrique : non seulement Wagner et Verdi, mais aussi Gounod, Bizet, Smetana, Moussorgski, Tchaïkovski, Mascagni, Puccini… On pourrait encore continuer cette énumération avec d'autres noms prestigieux. Cette concurrence dont souffrait Schubert était aussi celle que devait affronter Dvořák, à une échelle bien plus grande. Et nous constatons qu’en dépit d’un métier orchestral souvent inégalé, les opéras de Dvořák restent dans leur ensemble confidentiels. Le succès de Rusalka doit sans doute beaucoup aux résonances intemporelles – autant dire universelles – de la légende de la Petite sirène, privilèges moins évidents, pour ne pas dire autre chose, dans le Diable et Catherine ou Armide. La musique religieuse : hormis Palestrina, Bach et Wagner,« les autres compositeurs semblent avoir octroyé trop de concessions à des considérations profanes et strictement musicales. » Autrement dit, la musique d'église doit être vouée à son but religieux avant toute autre chose. Il est possible que Dvořák pensait aux Requiems spectaculaires de Berlioz et Verdi en écrivant cela. Quoi qu’il en soit cette voie théâtrale n’était pas la sienne. Son Stabat mater refuse toute facilité de cet ordre et demeure, aujourd’hui encore, l’une des plus ferventes mises en musique de la douleur de la Vierge Marie devant le Christ en croix. Dvořák en sincère catholique exprimait aussi sa peine d’avoir perdu ses premiers enfants. Son immense Requiem, plus tardif et composé sur commande, est davantage extérieur dans sa première partie mais s’apaise au fil d’épisodes méditatifs et intimes. Dans le domaine de la musique religieuse, ses références à Palestrina et Bach ne sont pas des surprises. On notera à ce propos que contrairement à une opinion courante, Bach n’était pas du tout « oublié » ou mésestimé avant le XXe siècle. On est plus intrigué par la référence à Wagner. Ce n’est pas un accident : Dvořák admirait de longue date Wagner. Après son retour définitif en Europe et l’achèvement de ses deux derniers quatuors, il n’écrira quasiment plus que des poèmes symphoniques et des opéras. Ce choix le place, dans le contexte de l’époque, dans la filiation wagnérienne au sens large. En s’éloignant ainsi de Brahms et de ses suiveurs, il n’écrira plus de symphonies ni rien d’autre qui ait à voir avec cette forme sonate qu’il avait tant honorée. La seule oeuvre de Schubert commentée en détail est le dernier lied du Voyage d’hiver. Le poème parle d’un pauvre joueur de vielle, pieds nus dans la neige et ignorés de tous. Un « coup de génie » : « le pouvoir de Schubert de nous plonger dans l’atmosphère poétique de son sujet, et ce dès les toutes premières mesures ». Mais il y autre chose encore, que ne dit pas Dvořák : la beauté de ce lied et l’émotion qu’il procurent viennent du fait qu’il ce ne se passe en fait… rien du tout. Ce texte n’est pas une histoire qui aurait un début, un développement et une fin. C’est un tableau admirable et triste qui ne nous touche que par le sentiment qu’il inspire. Cette musique du rien possède un pouvoir unique et merveilleux. Comme Schubert, Dvořák a exploré cette voie contemplative. A titre d’exemple, sa suite pour piano à quatre mains La forêt bohémienne op. 68 évoque un art de la poésie qui rappelle précisément Schubert, en particulier dans sa 5e pièce Tranquillité. Il est possible que Dvořák pensait à de telles pages dans sa reconnaissance de « dette » envers Schubert. Schubert slave ? Un autre point pose question : « Dans la musique pour piano de Schubert, peut-être encore plus que dans ses autres œuvres, nous trouvons un caractère slave qu’il fut le premier à mettre en avant dans l’art musical, à savoir l’alternance typique de majeur et mineur dans une même période. Ce n’est pas ici l’unique trait slave ou hongrois que l’on peut trouver dans sa musique. Quand il résidait en Hongrie, il assimila les mélodies nationales comme les particularités rythmiques, pour leur donner corps dans son œuvre. Il devint ainsi le précurseur de Liszt, Brahms et d’autres qui mirent les mélodies hongroises sur les scènes de concert européennes. De ce riche corpus de musique populaire slave, dans ses variétés hongroise, russe, bohémienne et polonaise, les compositeurs d’aujourd’hui ont puisé, et puiseront encore, beaucoup de ce qui fait le charme et la nouveauté de leur art. » Plus que quiconque, Dvořák savait que les Hongrois ne sont pas des Slaves. Mais la Hongrie de l’époque n’était pas celle d’aujourd’hui. La ville que Schubert connaissait en Hongrie (Želiezovce ou Zselíz) se trouve de nos jours en Slovaquie. La « variété hongroise » de la musique slave est sans doute à entendre dans ce contexte historique. Il n’en reste pas moins stricto sensu que la musique de Schubert reste bien plus liée à une influence hongroise qu’à un « caractère slave ». Je pense que quand Dvořák parle de la richesse de la « musique populaire slave », le fait important est le mot « populaire ». Il voulait certainement mettre en exergue la richesse des folklores à partir desquels Schubert, et tant d’autres après lui, ont composé parmi leurs plus belles œuvres. Liszt, dans ses Rhapsodies Hongroise, et Brahms, avec ses 21 Danses hongroises, ont utilisé sans ambiguïté des musiques populaires de Hongrie, et cette influence se retrouve à maints autres endroit de leur œuvre. Il appartient aux ethnologues de nous dire si "l’alternance entre majeur et mineur dans une même période" est caractéristique de la musique slave, mais la question pose au préalable l’obligation de définir ce dernier concept, tellement flou. Y a-t-il un trait commun entre l’art musical des Serbes, des Ukrainiens et des Polonais, qui soit absent des musiques populaires non slaves ? Quoi qu'il en soit, Dvořák reconnaissait en Schubert le premier à avoir systématisé le recours aux musiques populaires. Cette approche de la musique savante était complètement nouvelle. Elle illustrait la pensée du philosophe Johann Gottfried von Herder sur les qualités intrinsèques du fait national, d’où devaient surgir tant de manifestes romantiques. Mais là où Schubert donnait le meilleur de lui-même dans les miniatures, Dvořák s’est efforcé, comme d’autres à la même époque, à transfigurer l’art populaire dans la grande forme. Ainsi, une danse tchèque (Furiant) remplace le scherzo de sa 6e Symphonie et introduit le Finale du Concerto pour violon, et l'on pourrait citer encore beaucoup d’œuvres qui procèdent de la même approche nationaliste. L'étrange allusion à Franz Un certain Franz apparaît deux fois dans l'article. Voici le passage : « C’est à partir cet inestimable trésor que les magnifiques lieder de maîtres comme Schumann, Franz et Brahms nous sont offerts en héritage. Mon avis est que les plus beaux lieder écrits depuis Schubert sont les Magelonen-Lieder de Brahms. Je reste cependant d’accord avec la remarque que me fit un jour le critique Ehlert, selon qui Franz atteignit la plus haute perfection en rendant poésie et musique équivalents dans ses lieder. » Ces deux dernières phrases s'accordent mal. D'une part, Brahms a écrit « les plus beaux lieder depuis Schubert ». D'autre part, un mystérieux Franz aurait lui aussi atteint « la plus haute perfection ». L'Allemand Robert Franz vécut de juin 1815 à octobre 1892. Son œuvre est essentiellement vocale : il nous a laissé plus de 300 lieder et des pièces pour chœur. Il défendit Schumann, dont il fut l'ami, et se lia également avec Liszt et Mendelssohn. Mais sa notoriété n'égala jamais celle de ses prestigieux confrères, ni de son vivant, ni après sa disparition. Le texte du Century Magazine évoquerait donc un génie scandaleusement inconnu, digne héritier de Schubert au même titre que Brahms dans le domaine du Lied. Il est très difficile de croire que Dvořák ait nourri une véritable passion pour ce compositeur : il ne l’a pas rencontré, jamais sa correspondance n'en fait état, nulle anecdote de ses élèves n'évoque même le nom de Franz. Il serait bien étonnant que sa passion secrète pour ce compositeur ait été révélée outre-Atlantique à l'occasion d'une interview. On se souvient en revanche que l'auteur américain Henry Finck avait signé un long et élogieux commentaire sur Robert Franz dans le Century Magazine l’année précédente. Tout porte à penser que ce journaliste a profité de son travail de « préparation » pour faire figurer ses propres appréciations musicales dans un texte signé Dvořák . La première des phrases citées plus haut : « Mon avis est que les plus beaux lieder écrits depuis Schubert sont les Magelonen-Lieder de Brahms. » respecte sans aucun doute la pensée de Dvořák,  qui n'a jamais caché son admiration pour l'oeuvre de son ami allemand. Celle qui suit aussitôt : « Je reste cependant d’accord avec la remarque que me fit un jour le critique Ehlert, selon qui Franz atteignit la plus haute perfection en rendant poésie et musique équivalents dans ses lieder » reflète quant à elle l'opinion de Finck. Rapporter, en recopiant servilement l’information donnée par le Century Magazine, que cet article n'est que le fruit d'un travail commun, s'accorde mal avec la réalité. Ce texte n'a nullement été écrit "à quatre mains", mais par un seul homme. Cette simple précision ne devrait jamais être omise, sans quoi l'on ne rendrait justice ni à la biographie de Dvořák, ni à son opinion propre sur Schubert, ni à la vérité musicologique.  Alain Chotil-Fani, juin 2013SourcesJe remercie particulièrement Michael Beckerman pour m'avoir fait découvrir des points de vues passionnants sur cet article. Mon texte ci-dessus doit beaucoup à ses travaux et notamment à son étude  "DVORAK'S AMERICAN SCHUBERT" (  http://digilib.phil.muni.cz/bitstream/handle/oktavo/112084/H_Musicologica_35-2000-1_12.pdf?sequence=1 )Article sur Schubert traduit en français ( http://musicabohemica.blogspot.fr/2013/05/dvorak-parle-de-schubert.html )L'article (en anglais) sur Schubert ( http://digilib.phil.muni.cz/xmlui/bitstream/handle/oktavo/112091/H_Musicologica_35-2000-1_14.pdf?sequence=1 )Article de Henry Finck dans le Century Magazine de juin 1893 : "An Hour with Robert Franz" ( http://www.unz.org/Pub/Century-1893jun-00237 )Le catalogue en ligne des œuvres de Franz Schubert, conçu et réalisé par Geoffroy Pignal et Alain Chotil-Fani ( http://franz.schubert.free.fr/afficher-resultats-goo.php )

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15 juin

Musique de chambre en Charente

L’idée d’un Festival de musique de chambre dans les terres un peu reculées des Charentes nait du désir de trois musiciens londoniens de haut vol – le trio à cordes Shaw – d’offrir à la petite ville de Chalais, où ils se sont fixés, des week-ends de concert où convergent aujourd’hui les interprètes du monde entier. L’église romane coudoyant le château sur les hauteurs de la ville offre l’acoustique idéale aux archets (mais pas seulement) qui, durant cinq week-end (du 12 mai au 8 juin) se produisent en concert dans des formations allant du trio à cordes à l’ensemble de 13 musiciens. Pour la 5ème édition d’une manifestation qui a pris sa vitesse de croisière, en fédérant les énergies d’un bon nombre de Chalaisiens et en fidélisant un public de plus en plus nombreux, une convention avait été signée avec l’école départementale de musique engageant tous les enfants à participer à une exposition prenant pour thème « Les quatre siècles » (c’est le nom de l’Ensemble à cordes du Festival) et à venir le samedi matin à un concert préparé en amont et présenté par leur professeur. Le concert du soir, qui venait clore l’édition 2013, était d’une haute tenue, convoquant sur scène des musiciens de dix nations différentes qui chaque année font le voyage (de Copenhague, Genève, Autriche, Salzbourg…) pour partager des moments privilégiés de musique mais aussi d’amitié, dans une ambiance toute à la fois studieuse et fort sympathique. L’Ensemble à cordes des Quatre Siècles (13 musiciens) n’est pas dirigé mais confié à l’autorité de son premier violon, l’excellente violoniste Nathalie Shaw , basée aujourd’hui à Paris et violon solo de l’orchestre de l’Académie d’été de Pittsburg. Le programme offrait un voyage musical du XVIIème au XXème siècle avec des oeuvres phares du répertoire pour cordes comme la très belle Elégie de Tchaikovsky extraite de sa Sérénade pour cordes; à laquelle les musiciens conféraient un charme slave très singulier. La Chaconne de Purcell revisitée par Britten ouvrait le concert dans la solennité du rythme pointé versaillais dont le compositeur anglais fait son miel. Le Divertimento en fa majeur de Mozart K.138 fait circuler une énergie juvénile à la faveur de la cohésion sans faille qui règne au sein de l’ensemble. Les Six Danses populaires roumaines, célèbres autant que savoureuses, font jaillir leurs rythmes et leurs couleurs sous l’archet plein de finesse de Nathalie Shaw et des jeunes violoncellistes – Jacob Shaw et Kian Soltani qui vient de remporter le concours international d’Helsinki. La seconde partie de la soirée débutait avec la Suite Holberg op.40, une suite de danses à l’ancienne réinterprétée par Grieg avec beaucoup d’élégance, en l’honneur du poète norvégien Holberg dont on célébrait alors le bicentenaire. Le Prélude et Scherzo op.11 de Dimitri Chostakovitch est une pièce de jeunesse du compositeur dont l’écriture flirte ici avec l’atonalité. Si le Prélude est dans la veine expressive du compositeur, réservant une partie soliste très éloquente au violoncelle, le Scherzo, dégageant une énergie folle, exalte le progrès et l’ère industrielle qui était en train de révolutionner l’économie de l’URSS. La musique aux traits incisifs est propulsée par le mouvement mécanique des rythmes obstinés. L’effet est spectaculaire sous les archets très réactifs de l’Ensemble des Quatre Siècles dont l’objectif est d’amener un public souvent néophyte à apprécier les musiques de l’héritage autant que celles de notre temps. Le rendez-vous est pris en 2014 pour une 6ème édition (du 10 mai au 8 juin) avec « Le Génie de Schubert » et son quintette à deux violoncelles et un programme autour des quintettes avec piano.

Wolfgang Amadeus Mozart
(1756 – 1791)

Wolfgang Amadeus Mozart (27 janvier 17561 - 5 décembre 17911), est un compositeur. Mort à trente-cinq ans, il laisse une œuvre importante (626 œuvres sont répertoriées dans le Catalogue Köchel), qui embrasse tous les genres musicaux de son époque. Selon le témoignage de ses contemporains, il était, au piano comme au violon, un virtuose. On reconnaît généralement qu'il a porté à un point de perfection le concerto, la symphonie, et la sonate, qui devinrent après lui les principales formes de la musique classique, et qu'il fut un des plus grands maîtres de l'opéra. Son succès ne s'est jamais démenti. Son nom est passé dans le langage courant comme synonyme de génie, de virtuosité et de maîtrise parfaite.



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